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Europa Nostra

La libre circulation des personnes implique également la libre circulation des mafiosi. Alors qu’auparavant la mafia Italienne était une mafia nationale pratiquant des actions internationales, l’ouverture des frontières a permis l’implantation de la mafia dans de nombreux pays européens.

De Vito à Michaël Corléone

Ce phénomène a débuté dans les années 50, suite aux accords pour la reconstruction d’après-guerre. La mafia italienne a alors suivit les mouvements de migration vers l’Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique. Petit à petit, les mafias se sont transformées en véritables entreprises internationales, et les mafiosi voyagent désormais en suivant les flux monétaires internationaux. L’ouverture des frontières a permis à ces réseaux de se développer de manière exponentielle, les trafics de drogue, de prostituées et de contrefaçon prenants une ampleur multinationale.

Aujourd’hui, les mafias utilisent de moins en moins la violence : le nouveau mafioso ressemble de plus en plus à un trader : toujours en costard, il voyage de pays en pays et passe ses journées à jouer sur le marché de la Mort. Les mafias comptent dans leur rang de plus en plus d’expert en économie internationale, d’avocat véreux et surtout, de politique ; leur rôle principal étant de blanchir l’immense quantité d’argent que brasse les parrains mafieux.

Le chiffre d’affaire des mafias italiennes est estimé à 150 milliards d’euros. 40 à 50 % de cet argent sert au fonctionnement des mafias – achats d’arme, de drogue, paye des « employés », … – ; le reste est versé dans l’économie légale, et ce bien au-delà des seules frontières Italiennes, gangrénant ainsi l’économie Européenne.

Le chiffre d’affaire de l’ensemble des mafias Européennes est colossale : il est estimé à 311 milliards d’euros ! Plus de 80% du trafic Européen se fait en Europe de l’Ouest, les mafias récoltent ainsi plus de 90,1 milliards d’euros en Espagne, 81,5 milliards en Italie et 45,2 milliards au Royaume-Uni (source : Global Risk Report 2011).

L’afflux de mafiosi italiens de plus en plus nombreux et leurs investissements mafieux font de certains endroits le paradis des mafias. En France, les mafias ont investi massivement en Côté d’Azur, et ont fait de même avec la Costa del Sol en Espagne. En Italie, elle contrôle le port de Gioia Tauro, le premier port de transit d’Europe. On distingue ainsi 5 grandes zones internationales dans lesquelles les mafias se sont enracinés profondément. (source : European Organised Crime Threat Assessment).

Cinq grands pôles du crime organisé en Europe.

Cinq grands pôles du crime organisé en Europe.

L’Espagne et l’Allemagne font partie des pays les plus touchés, du fait de leur proximité avec des grands ports comme Anvers et Rotterdam.  1/3 des mafieux italiens à l’étranger sont ainsi arrêtés en Espagne. En France, la ‘Ndrangheta, une des mafias les plus importantes en Italie, aurait un « centre de coordination »  des clans à cheval entre la France et l’Italie, centre qui se situe quelque part entre Marseille et Toulouse.

En quoi l’ouverture des frontières a favorisé le développement des mafias ?

L’ouverture des frontières permet aux mafieux de circuler librement entre les pays, la plupart du temps sans être contrôler aux frontières. Le mafieux est un voyageur, il sait tirer profit des différents avantages des pays d’Europe, et la suppression progressive des contrôles aux frontières l’arrange bien. Le mafiosi va ainsi pouvoir se fournir en contrefaçon, drogue et autres produits depuis l’un des nombreux ports Européens sous le contrôle de la mafia. Il se rend ensuite dans un des cinq pôles du crime organisé, passant les frontières sans réelles difficultés, où il peut revendre sa marchandise. Ensuite, il profite de l’immensité du réseau de la mafia italienne pour se rendre en Europe de l’Est et blanchir l’argent reçu via des sociétés-écrans (Chez certaines mafias, notamment la mafia Russe, le blanchiment d’argent se fait également en Europe de l’Ouest, notamment en Espagne).

Le 26 Janvier 2013, la police Espagnole a démantelé un réseau de blanchiment d'argent de la mafia Russe.

Le 26 Janvier 2013, la police Espagnole a démantelé un réseau de blanchiment d’argent de la mafia Russe.

Le réel problème aujourd’hui est que ces agissements gangrènent l’économie Européenne, et que l’Union Européenne ne veut pas reconnaître l’existence d’un réseau international mafieux, préférant fermer les yeux sur ces agissements, ou prétendre que la mafia ne se limite qu’à l’Italie.

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Vraie rencontre avec Frédéric Michaël

J’ai rencontré Frédéric Michaël, étudiant en économie et en sociologie à l’Université de Toulouse, pour lui parler de la xénophobie en Europe. En effet, on peut penser que l’ouverture des frontières et les flux massifs de touriste allemand en short ont favorisé les tensions entre européen.

Je vous passe tous les « Bonjour », « Au revoir » et autre formule de politesse aussi inutile qu’hypocrite.

Sébastien C. : « Existe-il une phobie entre les peuples Européens ?

Frédéric M. : Non, car on ne peut pas déterminer un comportement général pour tout un peuple, chaque individu a sa personnalité. Mais il existe des similarités entre les personnes d’un même peuple qui permettent de mettre en évidence un « comportement type ». Par exemple, beaucoup de britanniques ont un comportement anti-Européen, et particulièrement antifrançais. Il y a là-bas, comme dans la plupart des pays anglo-saxon, un phénomène appelé « French Bashing », une sorte de jeu qui consiste à faire la meilleure blague xénophobe antifrançaise.

S. C. : Elles sont drôles au moins ?

F. M. : Pas toutes, non, celles sur la Seconde Guerre Mondiale passent mal, personnellement. Ils se moquent du fait que l’on se soit rendu assez rapidement, et pensent que nous n’avons pas tiré une seule balle, alors que nous avons perdus des milliers de soldats.

Sur une boutique en ligne, on peut trouver ce t-shirt "Made in USA" sur lequel est écrit "La France, sans importance depuis 1940".

Sur une boutique en ligne, on peut trouver ce t-shirt « Made in USA » sur lequel est écrit « La France, sans importance depuis 1940 ».

S. C. : On entend souvent dire qu’il y a une corrélation entre la crise et la montée de la xénophobie. Pouvez-vous nous en dire plus ?

F. M. : Quand ils ont un problème, les gens ont souvent tendance à chercher un bouc émissaire : quand tu es dans la merde, tu essayes de te persuader que ce n’est pas définitif, et tu cherches un coupable plus vulnérable, et ce bouc émissaire est souvent « déterminé » par les médias et, dans les pays à majorité croyante, par la religion ; même si en France, on est plus « soft ». Chez nous, le bouc émissaire est plutôt déterminé par les personnalités politiques, comme Jean-Marie Le Pen par exemple.

S. C. : Partout en Europe, une certaine germanophobie apparaît…

F. M. : Une germanophobie, c’est un peu fort, on est plus en 1939, les gens ne confondent plus un peuple et la personne qui la dirige.

S. C. : Vous voulez dire que c’est plus une phobie d’Angela Merkel ?

F. M. : Oui, mais il me semble qu’on s’éloigne un peu du sujet. Passe à la prochaine question.

S. C. : Alors, les Européens ont beaucoup de clichés les uns part rapport aux autres. D’où viennent tous ces clichés ?

F.M. : Les clichés viennent tout d’abord de l’éducation des parents, mais aussi de l’objectivité et de la qualité des écoles d’un pays, et pour certains pays, des médias. Il n’y a pas de fumée sans feu, il est possible qu’à une période, une partie ou la totalité de ces clichés ait été vraie. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui ces comportements n’existent presque plus, mais les clichés subsistent, et se transmettent de façon héréditaire via l’éducation des parents. En ce qui concerne l’éducation, prenons l’exemple britannique. Là-bas l’objectivité n’est pas du tout un critère important, d’ailleurs, contrairement à nous, lorsque les élèves écrivent une dissertation, ils doivent prendre clairement une position de pour ou contre. Pour les médias, ce sont surtout ces saloperies de dessins animés et de films que l’on donne aux enfants afin de les formater, d’abord à l’amour du capitalisme, et indirectement à des clichés, voir à la haine de l’autre. Actuellement, ces procédés sont surtout les pays anglo-saxons, même si ce phénomène se répand dans le monde entier.

S. C. : C’est un peu facile, non ? Tu as un exemple ?*

F.M. : Pépé le putois. Dans la version originale, c’est un Français, donc il sent mauvais, drague et est romantique. Dès qu’il y a un élément culturel relatif à la France, c’est pour le tournée en dérision. Ça a peut-être l’air marrant, mais les enfants n’ont pas assez de recul pour prendre ça au second degré.

Les clichés se forgent dès l'enfance, notamment via les cartoons.

Les clichés se forgent dès l’enfance, notamment via les cartoons.

S. C. : Est-ce que le tourisme ne serait pas favorable à la xénophobie ?

F. M. : La haine de l’autre est toujours liée à une mauvaise compréhension de sa culture, c’est d’ailleurs pour ça que la xénophobie est plus forte là où il n’y a pas d’immigré, je pense notamment aux gens isolés dans les campagnes. Le tourisme permet de mieux connaître l’autre, de mixer les cultures, et donc de s’apprécier un peu plus. Je pense donc que le tourisme permet de rapprocher les peuples.

S. C. : Quel est le portrait type du xénophobe Européen ?

F. M. : Mes connaissances se limitent au xénophobe Français, mais je pense que cela s’applique à toute l’Europe.

S. C. : RAAAAH ! Bon, dis quand même.

F. M. : Hé, hé. La culture beauf est apparue dans les années 60 et est une des premières à glorifier sans se cacher une forme légère de xénophobie. Elle est apparut suite à une crainte liée non pas à l’immigration, mais à une peur de valeurs nouvelles liées à la démocratisation des comportements libertaires, autrement dit les gens se sont sortis le manche à balais du… Jusqu’à la fin des années 90, le beauf typique était un chauve moustachu et violent, et sa nouvelle cible est devenu l’étranger. Il se trouve qu’avec l’apparition d’Internet, le xénophobe moderne typique et devenu quelqu’un de faible et vulnérable, aussi bien physiquement que psychiquement, puisqu’il s’est laissé endoctriné par les thèses xénophobes répandues par les médias. C’est quelqu’un qui est resté trop longtemps derrière son ordi, sans contact sérieux avec le monde extérieur.

S. C. : Je reviens sur ce que tu as dit un peu plus tôt. Tu as dit que les comportements décrits par les clichés n’existaient presque plus. Est-ce que cela signifie que tous les Européens ont une culture commune ?

F. M. : Il y a une culture commune, mais elle n’est pas Européenne, elle est occidentale. Ensuite, cette culture s’ajuste à chaque pays. Par exemple, les McDonalds font partie de la culture Européenne, occidentale et même mondiale. Si les grands classiques restent, car le McDo fait avant tout du hamburger, tout le monde n’a pas le même hamburger. En effet, McDonald s’adapte au pays dans lequel il se situe : en Italie, les McDonalds servent du vin, en France ils proposent des croquemonsieurs, etc…

S. C. : De nombreux partis politiques jouent sur le phénomène de la méfiance envers les autres Européens. Que penses-tu du referendum proposé par David Cameron ? Et de façon générale, que penses-tu de l’euroscepticisme ?

F. M. : De toute façon, les Anglais n’ont jamais été Européens.

S. C. : …

F. M. : C’était une blague. Tant pis. Sortir de l’euro est une connerie presque aussi grande que la bêtise de ceux qui le proposent. Excuse mon manque d’objectivité. Il y aura dans chacun des pays sortants de l’euro un phénomène de déflation : un pays seul ne pas lutter face aux grandes puissances telles que les États-Unis ou la Chine. Les marchés américains, surtout, profiterait de la situation pour rendre la nouvelle monnaie plus faible , cela provoquerait une hausse des prix à l’exportation ainsi qu’une inflation nationale énorme. D’un point de vue culturel, cela serait … Rétrograde.

On observe une recrudescence des partis xénophobes en Europe. Ici, un homme tient un drapeau du parti grec Aube Dorée.

On observe une recrudescence des partis xénophobes en Europe. Ici, un homme tient un drapeau du parti grec Aube Dorée.

S. C. : D’un point du vue culturel, tu te mouilles pas trop.

F. M. : Ouais. »

*Avez-vous noté le rapprochement affectif au cours de la rencontre ? A partir de là, on passe du vouvoiement au tutoiement.

Historique des frontières Européennes

L’évolution des frontières en Europe ne se limite pas à 1992 lors de la signature du Traité de Maastricht. Les guerres, les alliances, les accords économiques ont également modifier les frontières au cours des décennies. Afin d’y voir plus clair, nous vous proposons un historique des frontières Européennes, depuis le début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui.

1914 : L’assassinat de François-Ferdinand à Sarajevo réveil des tensions dans toute l’Europe. La frontière entre la France et l’Allemagne est contestée, chacun des pays voulant récupérer l’Alsace afin de s’attribuer la paternité de la choucroute.

1917 : La révolution Russe aboutit à la formation de l’U.R.S.S.

1918 : A la fin de la Première Guerre Mondiale, l’Europe est redéfinie suivant les modalités des « vainqueurs ». L’Empire Ottoman se fracture en plusieurs pays, dont la Turquie ; parallèlement le Danemark, la France et la Pologne récupère une partie du territoire Allemand. Les plus gros changements se font en Europe central : le territoire de l’Autriche-Hongrie est partagée en morceaux qui permettront à la Roumanie, l’Italie, la Pologne et la Serbie (devenu Yougoslavie) de s’agrandir. Le territoire restant est séparé en Autriche, Hongrie et Tchécoslovaquie. Une grosse partie de l’ex-Empire Russe est donnée à la Roumanie, à la Pologne et à la Turquie, et la Finlande, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie voient le jour.

1922 : Création d’une nouvelle frontière : l’Irlande du Sud se sépare du Royaume-Uni, les deux pays voulant attribuer à l’autre la paternité de la panse de brebis farcie.

La panse de brebis farcie, une source éternelle de conflits au Royaume-Uni.

La panse de brebis farcie, une source éternelle de conflits au Royaume-Uni.

1939-1941 : La première partie de la Seconde Guerre Mondiale est marquée par les conquêtes de l’Allemagne nazie et de ses alliés. L’Union soviétique annexe une partie de la Finlande, de la Roumanie et de la Pologne, ainsi que l’ensemble des pays baltes. L’Allemagne nazie et ses alliés capturent les territoires Belges, Hollandais, Danois, Norvégiens, Yougoslaves, Grecs, ainsi qu’une partie de la Pologne. Le premier acte de l’amitié franco-allemande voit le jour lorsque la France décide l‘ouverture de ses frontières à l’Allemagne.

1941-1942 : L’Allemagne et ses alliés occupent le reste du territoire Français, ainsi que la Finlande et la Roumanie. Ils arrivent également à prendre une très grande partie de l’Union Soviétique.

1945 : Suite à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les pays retrouvent presque tous leur territoire. L’Allemagne est séparé en RDA et RFA.

1952 : La demande croissante en barbecue entraîne une flambée des prix des grilles en acier et du charbon. C’est dans ce contexte que naît la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (Outre la blague potache, la CECA a été créée dans le but d’éviter une nouvelle guerre entre la France et l’Allemagne). C’est ainsi que la France, l’Italie, la RFA et les pays du Benelux vont créer les prémices d’une union européenne.

1957 : Les mêmes pays créent la Communauté Économique Européenne, afin de lancer le marché commun.

Les années 1960 : La carte de l’Europe est boulever par deux faits marquants : la fin du processus de décolonisation fait perdre à beaucoup d’état Européen une très grande partie de leur territoire, et donc une très grande partie de leur frontière. Parallèlement, les tensions liées à la Guerre Froide entraîne la création, par l’U.R.S.S., de « rideaux de fer » le long leur frontière Ouest. Ainsi, l’Europe est séparé en deux par des milliers de kilomètres de clôtures électrifiées, minés et parsemés de mitrailleuses. Ce rideau de fer atteint son paroxysme à Berlin, séparé en deux par un mur totalement infranchissable.

Carte de Berlin en 1962. Berlin-Ouest est entouré par un mur.

Carte de Berlin en 1962. Berlin-Ouest est entouré par un mur.

1974 : Chypre est divisée en deux parties par la « LigneVerte » mise en place par l’ONU suite à un conflit identitaire entre la partie turque de l’île, au Nord, et la partie Grecque, au Sud, chacun des pays voulant s’attribuer la paternité de la moussaka. Dans la zone Nord, les forces armées turques ont érigé des murs semblable à celui de Berlin.

1989 : Le secrétaire du Comité central en charge des média en RDA annonce qu’il est désormais possible de voyager librement en RFA. Le soir même et le lendemain matin, des milliers de Berlinois passeront la frontière. Dépassés, les gardes-frontières pratiqueront des ouvertures dans le mur.

1990 : Création de l’espace Schengen, actuellement composé de tous les pays de l’Union Européenne, à l’exception faite du Royaume-Uni et de l’Irlande, dans lequel les contrôles aux frontières sont graduellement supprimés.

1991 : L’Union des Républiques Socialistes Soviétiques s’écroule : elle a trébuché sur le mur de Berlin. Devant la montée des mouvements nationalistes, le gouvernement de Gorbatchev décide l’indépendance des pays Baltes, de l’Ukraine, de la Biélorussie et de la Moldavie, ainsi que la dissolution de l’URSS, qui devient l’actuelle Russie.

1991-2003 : Des conflits font éclater la Yougoslavie en Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Macédoine, Kosovo, et Serbie-et-Monténégro (dissout en 2006 en Serbie et Monténégro).

1992 : Création de l’Union Européenne suite à la signature du traité de Maastricht impliquant la libre circulation des personnes et des marchandises entre les pays de l’Union.

1993 : Suite à la Révolution de Velours, la Tchécoslovaquie est dissoute en deux pays indépendants : la république Tchèque et la Slovaquie.

1995-2007 : L’Autriche, la Finlande, la Suède, Chypre, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la République Tchèque, la Slovaquie, la Slovénie, la Bulgarie et la Roumanie rejoignent l’Union Européenne.

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Carte de l’Union Européenne actuelle, comprenant 27 pays membres.

1999 : Création de l’Euro.

A venir, 2013 : Adhésion de la Croatie à l’Union Européenne.

Si cet historique nous montre quelque chose, c’est bien qu’en Europe, les frontières se sont bien plus souvent créées qu’ouvertes, et que la libre circulation n’est qu’un phénomène très récent, et que par conséquent, ces effets à long termes ne sont pas encore visibles.

Rencontre (presque) vraie avec Herman Van Rompuy

Les religions ont très longtemps étaient au cœur de la vie politique européenne, que ce soit la religion chrétienne orthodoxe, catholique, protestante ou la religion musulmane. Le mélange religieux occasionné par la migration des européens a-t-elle eut un impact sur la culture européenne, et sur la vie politique ?

Après de longues heures de train direction Etterbeek, en Belgique, deux de nous journalistes ont rencontré Herman Van Rompuy, actuel président du Conseil Européen, pour parler des religions en Europe.

Paul T. : « Bonjour Monsieur Van Rompuy, une fois !

Herman Van Rompuy : … Je m’en vais. » Il s’en va.

Quelques jours plus tard, nous avons convaincu Herman Van Rompuy de nous rencontrer à nouveau.

Sébastien C. : « Bonjour Monsieur Van Rompuy, excusez mon collègue pour cette blague quelque peu stéréotypée qui vous a visiblement vexé. Cela ne se reproduira plus.

Paul T. : Ça ne se reproduira plus, une fois !

Herman Van Rompuy : Bien… Posez vos questions et quittez vite mon pays. Quel est le sujet de votre blog ?

P.T. : Notre blog traite des conséquences de la libre circulation des personnes en Europe. Nous aimerions traiter avec vous le sujet des religions en Europe.

H. V. R. : Hé, hé. Attendez. Qu’est-ce qui est rasoir, mais qui ne coupe jamais ? Votre blog !

Herman Van Rompuy rigolant à sa propre blague.

Herman Van Rompuy rigolant à sa propre blague.

S.C. : Ha, ha. Je vois, vous êtes un déconneur… Bien, on va peut-être commencer maintenant ? On dit de vous que vous êtes contre l’entrée de la Turquie en Europe car c’est une pays musulman. Est-ce vrai ? Et pensez-vous que les religions chrétiennes font partie de la culture Européenne ?

H. V. R. : La libre circulation des personnes favorise également la libre circulation des rumeurs à ce que je vois. Je m’oppose à l’entrée de la Turquie dans l’Union pour plusieurs raisons : elle ne remplit pas les critères politiques exigés par Copenhague, elle est en conflit avec Chypre, et enfin nous aurions aimé que la Turquie, pays laïc, serve d’exemple aux pays du Moyen-Orient.

S.C. : Vous avez tout de même déclaré au Parlement Belge, je cite : « Le fait est que l’adhésion d’un grand pays islamique comme la Turquie entraînera une dilution des valeurs universelles sur lesquelles l’Europe repose et qui jouent par ailleurs un rôle fondamental dans la doctrine chrétienne ». Alors, laïc, islamique… On est un peu perdu dans vos déclarations.

H. V. R. : J’avais fais un excellent discours, j’ai voulu compensé en faisant une boulette.

P. T. : Ou plutôt, une kefta ! … Vous avez pas compris ? C’est une boulette turque…

S.C. : Bref, concernant les religions chrétiennes, vous même étant catholique, considérez-vous qu’il faut être chrétien pour être Européen ?

H. V. R. : Bien sûr que non, prenons un exemple précis :  l’Albanie. L’Albanie est un pays Européen et pourtant la majorité de sa population est musulmane. Mais de toute manière, le taux d’athéisme en Albanie, comme dans toute l’Europe, est assez élevé, ce qui m’amène à dire que la culture Européenne n’est en aucun cas une question de religion.

P. T. : Et pour intégrer l’Union Européenne, il vaut mieux ne pas être musulman ? Je rappelle que l’Albanie, membre associé de l’Union Européenne et membre de l’OTAN, a déposé sa candidature d’adhésion à l’UE en 2009, et elle n’a toujours pas obtenu le statut de candidat officiel.

H. V. R. : Remettons les choses en place. Si l’Albanie n’a pas obtenu le statut de candidat officiel, c’est uniquement parce qu’elle ne respectait pas 12 points essentiels pour l’entrée dans l’Union Européenne. Nous avons considérer que, depuis Octobre 2012, elle les respectait, et le statut de candidat officiel devrait lui être accordé après les élections législatives Albanaises, le 23 Juin 2013. Ensuite, si l’adhésion de l’Albanie se fait, cela montrera bien que l’Union Européenne ne prend pas en compte les religions.

P. T. : Le taux d’athéisme est très fort en Europe. Une enquête de l’Eurobaromètre réalisée en Juin 2005 montre que 48 % des Européens ne croient pas en un dieu, et 18 % ne croient ni en un dieu, ni en aucune forme d’esprit ou de force supérieur (athée). Le taux le plus élevé est en France, avec 33% d’athées. Est-ce que les échanges culturels entre Européen vont conduire l’Europe à l’athéisme ?

Pourcentage d'athées : Résultat de l’enquête Eurobaromètre 2005

Pourcentage d’athées : Résultat de l’enquête Eurobaromètre 2005

H. V. R. : En tant que catholique croyant, j’espère que les religions ne disparaîtront pas de l’Europe, elles sont un élément important de notre culture et de notre Histoire. Mais après tout, si les mentalités évoluent dans ce sens, oui, il se peut que d’ici quelques décennies, voir quelques siècles, l’Europe deviennent une sorte de « sanctuaire de l’athéisme ».

S. C. : L’Union Soviétique avait raison d’imposer un athéisme d’état.

H.V. R. : Mmh… C’est une question compliquée, ce qui …

S. C. : Je vous arrête tout de suite, ce n’était pas une question.

P. T. : Bien ! Merci d’avoir répondu à nos questions et nous nous excusons de notre humour un peu… Particulier.

S.C. : On a fait des mauvaises vannes… Rompuy !

Herman Van Rompuy : … Je m’en vais. » Il s’en va.

Ils y sont opposés !

Tout n’est pas parfait en Europe, loin de là. Le Vieux Continent est parsemé de défauts (par exemple, la cuisine britannique), et certains, les « Eurosceptiques », vont jusqu’à remettre en cause les institutions Européennes, voir l’Union Européenne elle-même, et sont pour la fermeture des frontières en Europe. Portrait de l’Eurosceptique.

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Un des logos des Eurosceptiques

Qui sont-ils ?

L’Eurosceptique vit dans les régions tempérées du Parlement Européen. Il se distingue en deux meutes : la meute de gauche et la meute de droite. Tapi dans l’ombre, l’œil vif, caché dans son terrier au dernier rang, il attend le début de la séance. Au bout de quelques minutes, sentant l’agitation autour de lui, l’Eurosceptique se met en position de chasse : sa lourde tête posée sur sa main, son coude posé sur sa table, il se prépare à l’assaut. Ça y est, ça commence ! L’Eurosceptique émet des cris pour intimider ses adversaires : « Idéologues et autres fanatiques de la monnaie unique !« , « L‘euro n’est pas viable« . Le chef de la meute de droite, Jean-Marie Le Pen, ira même jusqu’à dire : « Je vais te faire courir moi l’rouquin là-bas, tu vas voir. Pédé ! »

La séance se termine, l’Eurosceptique, épuisé par son combat acharné, s’endort paisiblement, tapis dans l’ombre du dernier rang.

Quelles sont leurs revendications ?

Du fond de leur nid, les Eurosceptiques prônent, pour la plupart,  le respect de la « souveraineté nationale », autrement dit ils ne veulent plus se plier aux lois et aux normes Européennes qui sont imposées à leur territoire, et certains réclament des élections démocratiques pour désigner les dirigeants Européens. D’autres Eurosceptiques, la très grande majorité des Eurosceptiques de gauche, veulent une sortie de « l’euro libéral ». Pour ma part, je rajouterai  une catégorie que j’ai baptisé « le type de 60 ans qui n’a pas grandi depuis l’époque où il était jeune et anarchiste ».

Quelles sont leurs propositions ? Sont-elles réalisables ?

Le nombre de partis Eurosceptiques est très élevé en Europe, et chacun a ses spécificités. Afin de répondre à cette question, prenons un exemple précis : le Front National Français, et nous étudierons deux propositions précises, sachant que le FN n’est pas forcément représentatif des autres partis eurosceptiques. Quelles sont les propositions de Marine Le Pen ?

Et bien, comme chez presque tous les Eurosceptiques, on retrouve le classico, sortir de l’euro. Bien, mais est-ce raisonnable ? Comme pour se justifier après avoir fait une bêtise, Marine Le Pen accompagne toujours cette proposition d’une liste d’économistes eurosceptiques, liste dans laquelle figure Jean-Luc Gréau… Une recherche rapide sur Google peut-elle nous dire ce que pense vraiment Jean-Luc ?  « Lors d’un colloque (…) j’avais dit que cette sortie « techniquement possible » ne l’était pas « politiquement ». Car l’euro est plus que l’euro, c’est le symbole idéologique de ce qu’on appelle la « construction européenne ». Vous aurez donc compris que Jean-Luc Gréau est très loin des idées de Marine Le Pen. Bon, on ne va pas mentir, en réalité les informations du Front National proviennent souvent d’une même source.

Passons. Selon les experts du Front National, la sortie de la zone euro rapporterait 88 milliards. Pourquoi ? Il faut reconnaître qu’il n’y a que peu, voir pas d’explication à ce chiffre.  Les estimations des économistes de Terra Nova montre que la sortie de l’euro couterait à la France 50 milliards d’ici 2017. A vous de choisir en qui vous croyez : les économistes du Front National ou de Terra Nova.

La fermeture des frontières, une proposition récurrente chez les Eurosceptiques.

La fermeture des frontières, une proposition récurrente chez les Eurosceptiques.

Autre proposition, la fermeture des frontières Françaises. L’immigration couterait 41 milliards d’euros par an en France, toujours selon les experts du FN. En se limitant aux immigrés européens, soit 39,1 % des immigrés en France, on arrive à un chiffre de 16 milliards ; autrement dit, si les chiffres du FN sont vrais, la fermeture des frontières franco-européennes devraient rapporter 16 milliards. Or, un rapport d’économistes de l’Université de Lille a estimé que l’immigration en France rapportait 12  milliards d’euro net par an. En se limitant à nouveau aux immigrés européens, on obtient un chiffre de 4,6 milliards de gain par an. Alors, les immigrés européens rapportent-ils chaque années 4,6 milliards, ou font-ils perdre 16 milliards ? Encore une fois, c’est à vous de voir en qui vous croyez.

Ont-ils raison ?

L’Europe doit se construire et s’unifier pour à terme devenir un pays. Économiquement, une monnaie commune ne peut être qu’un atout majeur pour la compétitivité de l’Europe, et les Eurosceptiques qui disent le contraire ont la plupart du temps des propositions irréalistes ou irréalisables dans l’immédiat. Mais les Eurosceptiques qui s’inquiètent de la tournure que prend l’Europe, qui ressemble de plus en plus à une allégorie de l’austérité, et qui prône la rigueur au détriment de l’humain et du social, n’ont-ils pas raison ? Car oui, nous sommes pour plus d’Europe, mais quelle Europe ?

Vous avez dit culture européenne ?

C’est bien beau de clamer haut et fort que l’on est Européen, mais encore faut-il savoir ce que cela veut dire. Aujourd’hui, si quelqu’un vous dit qu’il est Allemand, vous avez bien sûr le même réflexe que moi : vous l’imaginez sur la plage, avec son bermuda, ses tongs et ses chaussettes qui remontent jusqu’aux genoux, de même que quand vous croisez un Anglais, vous essayez pathétiquement d’entreprendre une conversation avec lui dans sa langue, avant de vous apercevoir que vous êtes ridicule.

Maintenant, imaginons qu’une personne s’approche de vous et vous dit : « Je suis Européen ». Alors quoi ? Il se balade en tong et chaussette haute, une baguette sous le bras et parle Russe ? Mais tous ces clichés ridicules, que je désapprouve évidemment, soulève néanmoins une question : la culture européenne, honnêtement, ça existe ? Ou alors n’est-ce qu’un patchwork de toutes les cultures nationales et régionales ?

Même s’il est vrai que la culture européenne est encore plus divisée que l’UMP, cela ne date pas d’aujourd’hui. Un célèbre politicien et peintre du XXème siècle distinguait les Européens en plusieurs  « races », parmi lesquelles la race germanique, les tziganes, les latins,… Il expliquait ainsi les différences, notamment culturelles, entre l’Europe de l’Est, les pays du Nord et l’Allemagne, et le trio de choc Italie, France, Espagne. Bon, ensuite il a classé ses « races » par ordre d’importance et a essayé d’en exterminer certaine (Vous aurez reconnu Adolf Hitler), ce qui est quelque peu critiquable.

Bref, sortons vite de la vallée du nazisme avant de nous y perdre. Même si ça fait mal de le reconnaître, la culture Européenne n’existe pas, sauf si l’on considère qu’elle est un meltingpot pot de toutes les cultures nationales. Certes nous avons de nombreux points communs avec nos chers voisins, mais tant que les préjugés et les frontières existeront, nous n’auront pas de culture commune. L’ouverture progressive des frontières, la monnaie commune et la libre circulation des personnes vont dans le bon sens, mais seul la construction d’un pays Europe et le « métissage »  permettra une culture commune.

La seule chose certaine aujourd’hui est que la division des Européens ne peut conduire qu’à la catastrophe. Alors David, c’est comment l‘Europe ?

David Cameron

David Cameron approuvant mes propos.